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Chronique d’un repenti des ENR, ou l’énergie de la raison

Chronique d’un repenti des ENR, ou l’énergie de la raison

Dans une tribune publiée par Les Echos, Gilles Babinet, entrepreneur et conseiller de l’Institut Montaigne sur les questions numériques, explique les raisons qui l’ont poussé à finalement se prononcer en faveur du nucléaire. 

Au-delà des atouts économiques, environnementaux, géopolitiques et sociaux du nucléaire, il faut, selon l’auteur, se rendre à l’évidence, les nouvelles technologies ne permettent pas de résoudre le plus grand problème des énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien : leur intermittence.

Résultat : sachant que nos besoins en électricité sont amenés à s’accentuer au fil des décennies, le développement massif des énergies renouvelables intermittentes nous conduit dans l’impasse. Impasse dans laquelle l’Allemagne se trouve aujourd’hui, elle qui émet en moyenne 9 fois plus de CO2 que la France par kWh, et qui a dramatiquement accru sa dépendance au gaz russe.

La conclusion de Gilles Babinet – que le Cérémé partage – est sans appel : n’attendons pas plus avant de relancer un vrai programme de modernisation de notre capacité nucléaire.

Une tribune à retrouver ici.

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L’hydrogène ou les désillusions sur une énergie plus grise que verte

L’hydrogène ou les désillusions sur une énergie plus grise que verte

L’hydrogène est depuis quelques mois présenté comme la solution innovante pour lutter contre le réchauffement climatique. A tel point que le Gouvernement français a mis en place une stratégie nationale pour soutenir son développement dans le cadre du plan France Relance visant à relancer l’économie post-crise sanitaire. C’est ainsi non moins de 8 milliards d’euros qui seront dédiés au développement de la filière d’ici 2030.

Mais face à l’engouement collectif, certains tirent la sonnette d’alarme. C’est notamment le cas de Jean de Kervasdoué, dans une tribune parue le 6 septembre dans le journal Le Point. S’il déplore les sommes consacrées au développement de la filière et à la communication qui l’accompagne, c’est surtout parce que l’hydrogène est, selon lui, loin d’être une solution pour la transition énergétique.

 

Il s’appuie notamment sur l’étude récente How Green is Blue Hydrogen ? menée par des chercheurs des universités de Cornell et de Stanford, parue dans la revue Energy Science & Engineering, qui remet en cause l’empreinte écologique de l’hydrogène. En effet, d’après les chercheurs l’hydrogène qualifié de « bleu » et produit à partir de gaz naturel est associé à un enfouissement du gaz carbonique qui apparaît aussi lors du processus d’extraction de l’hydrogène. Ils concluent que l’hydrogène ne peut « en aucun cas être considéré comme une énergie verte ».

 

Jean de Kervasdoué ajoute que l’idée selon laquelle l’hydrogène serait la solution au défi climatique est encore utopique. Car à date « l’hydrogène est à 96 % produit par des procédés qui partent d’une énergie fossile ». Si la science avance, il paraît illusoire de fonder une stratégie nationale sur de potentiels succès de développement technologiques, tels que l’électrolyse à l’eau notamment qui pourrait être à l’avenir une solution. 

 

Pour le Cérémé, seuls les faits concrets et avérés doivent être pris en compte pour agir pour le climat. 

The Climate Debate

Keeping Your Cool On The Climate Debate With Bjorn Lomborg

Keeping Your Cool On The Climate Debate With Bjorn Lomborg

Interview with Bjorn Lomborg – Wednesday, March 10, 2021

Un coup d’épée dans l’eau du réchauffement climatique

« Si vous dépendez de sources d’énergie intermittentes comme le solaire et le vent, ne soyez pas surpris si vous rencontrez un problème quand le soleil ne brille pas ou, [comme au Texas cet hiver], les éoliennes sont gelées », tweetait l’économiste Bjorn Lomborg en février dernier. Statisticien de formation, ce Danois iconoclaste mais très bien informé s’était fait connaître dans les années 2000 avec son best-seller L’Ecologiste sceptique, dans lequel il prenait à revers un certain nombre de clichés entretenus par les Verts. Il récidive en publiant un nouvel ouvrage au titre provocateur : « Fausse alerte. Comment la panique du changement climatique nous coûte des trillions de dollars, affecte les pauvres et empêche de régler les problèmes de la planète » (1).

Alors que le Danemark est l’un des pays où l’éolien s’est le plus développé – et abrite le premier industriel du secteur – il est piquant de voir l’un de ses plus brillants intellectuels dénoncer froidement la grande illusion des énergies intermittentes. Lomborg explique que les 140 à 160 milliards de dollars de subventions dépensées chaque année par les gouvernements du monde entier en faveur des énergies solaires et éoliennes sont un coup d’épée dans l’eau. Ces sources d’énergie renouvelable ne fournissent en effet qu’environ 1,1 % des besoins énergétiques mondiaux à l’heure actuelle et, selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en fourniront toujours moins de 5 % d’ici 2040. Lomborg souligne que le poids de ces subventions inefficaces repose de façon disproportionnée sur les épaules des plus démunis, qui consacrent aux dépenses d’énergie une plus grande part de leurs revenus que les plus aisés. 

Lomborg est favorable à la taxe carbone et aux investissements dans les technologies d’avenir susceptibles de réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre. Mais il fait aussi partie de ces analystes pour qui les combustibles fossiles continueront pendant des décennies à assurer les besoins d’énergie, en raison de leur prix et de leur efficacité.

Concernant le nucléaire, Lomborg a récemment déclaré que si cette option a du plomb dans l’aile c’est surtout en raison de la progression aberrante des coûts de programmes liés à des technologies déjà anciennes. Comme Bill Gates, il préconise de mettre l’accent sur la mise au point de réacteurs de quatrième génération, « beaucoup plus sûrs et beaucoup, beaucoup moins chers » (2). 

Par Olivier Postel-Vinay


(1) False Alarm, Books, 2020. 

(2) 10 mars 2021.