L’hydrogène ou les désillusions sur une énergie plus grise que verte

L’hydrogène est depuis quelques mois présenté comme la solution innovante pour lutter contre le réchauffement climatique. A tel point que le Gouvernement français a mis en place une stratégie nationale pour soutenir son développement dans le cadre du plan France Relance visant à relancer l’économie post-crise sanitaire. C’est ainsi non moins de 8 milliards d’euros qui seront dédiés au développement de la filière d’ici 2030.

Mais face à l’engouement collectif, certains tirent la sonnette d’alarme. C’est notamment le cas de Jean de Kervasdoué, dans une tribune parue le 6 septembre dans le journal Le Point. S’il déplore les sommes consacrées au développement de la filière et à la communication qui l’accompagne, c’est surtout parce que l’hydrogène est, selon lui, loin d’être une solution pour la transition énergétique.

 

Il s’appuie notamment sur l’étude récente How Green is Blue Hydrogen ? menée par des chercheurs des universités de Cornell et de Stanford, parue dans la revue Energy Science & Engineering, qui remet en cause l’empreinte écologique de l’hydrogène. En effet, d’après les chercheurs l’hydrogène qualifié de « bleu » et produit à partir de gaz naturel est associé à un enfouissement du gaz carbonique qui apparaît aussi lors du processus d’extraction de l’hydrogène. Ils concluent que l’hydrogène ne peut « en aucun cas être considéré comme une énergie verte ».

 

Jean de Kervasdoué ajoute que l’idée selon laquelle l’hydrogène serait la solution au défi climatique est encore utopique. Car à date « l’hydrogène est à 96 % produit par des procédés qui partent d’une énergie fossile ». Si la science avance, il paraît illusoire de fonder une stratégie nationale sur de potentiels succès de développement technologiques, tels que l’électrolyse à l’eau notamment qui pourrait être à l’avenir une solution. 

 

Pour le Cérémé, seuls les faits concrets et avérés doivent être pris en compte pour agir pour le climat. 

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