Protéger la planète n'est-il pas d'abord respecter l'environnement ?

Dans sa chronique « Camille passe au vert » sur France Inter, Camille Crosnier revient sur les questions soulevées par le développement des éoliennes en France. Une chronique qui en 5 minutes permet de mesurer la réalité des enjeux environnementaux vécus par nos concitoyens les plus concernés par ce problème.

Qu’il soit terrestre ou en mer, il n’existe pas un seul projet d’implantation éolien qui ne suscite pas la polémique : pour nos concitoyens les plus attachés à la protection de la planète et du vivant, produire des énergies renouvelables ne doit jamais se faire au détriment de la biodiversité, du paysage, et des habitants riverains.

Un reportage dans lequel les pro-éoliens n’ont pas peur d’avancer des informations fausses. Un promoteur de l’éolien affirme – sans rire – que « les centrales nucléaires fonctionnent une bonne partie de leur temps sans que personne ne consomme. (…) on produit beaucoup trop, on ne sait plus quoi en faire (i.e. d’énergie nucléaire) ». Ceci alors même que la France exporte son énergie nucléaire à ses voisins, ce qui contribue d’ailleurs à améliorer le solde de sa balance commerciale.

 

Ce même promoteur témoigne ensuite en tant que riverain « à 100 m de chez moi, il y a un parc éolien ». Chose impossible puisque la distance minimale entre un parc éolien et les habitations avoisinantes est de 500 m (en Bavière, où les riverains sont respectés, c’est 10 fois la hauteur de l’éolienne).

 

Par ailleurs, le reportage, comme trop souvent, laisse entendre que ce sont les riverains qui empêchent de faire tourner les éoliennes et retardent le développement des projets. Pourtant, dans les faits, plus de la moitié des recours devant la justice administrative proviennent des opérateurs. C’est le cas notamment en Occitanie, où les préfets refusent de nombreux projets pour protéger la richesse en biodiversité de la région, et où les promoteurs sont à l’origine de 61% des recours déposés sur le sujet.

 

Pour écouter l’émission en replay  https://www.franceinter.fr/emissions/camille-passe-au-vert/camille-passe-au-vert-03-mai-2021

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Annonce par le ministre de l’Industrie d’une publication prochaine du décret PPE-3 : le Cérémé dénonce cette intention juridiquement incohérente, techniquement injustifiée et dont la mise en oeuvre pèserait lourdement sur les finances publiques et le prix de l’électricité

L’annonce de la publication du décret de 3ème programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) par le ministre de l’Industrie semblait, ce jour, imminente et ce, alors qu’une proposition de loi qui doit fixer les orientations de PPE conformément à l’article 100-1 A du code de l’énergie, est encore en cours. Si le décret venait à être publié avant la fin du parcours législatif de ce texte, cette inversion d’ordre entre la loi et le règlement, manifestement illégale, aurait toutes les apparences d’un pari sur l’échec du processus législatif. Cette précipitation serait d’autant plus incompréhensible que l’urgence de publier ce décret n’est en rien démontrée dans un contexte de surabondance durable d’électricité et de saturation des réseaux en électricité intermittente d’origine éolienne et solaire.