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L’énergie fondatrice : Xavier Moreno

Q. Vous avez été à l’origine de la création du Cérémé pour susciter un débat public et citoyen sur les choix du mix de production d’énergie en France. Il est donc légitime de vous demander de vous présenter, en commençant par votre parcours professionnel.

R. Mon premier métier a été de servir l’Etat. En étant admis dans les écoles de la république, Polytechnique puis l’ENA, puis en tant que militaire, dans la Marine Nationale, puis en exerçant des responsabilités en ambassade, en préfecture et, pendant 10 ans, à la Direction du Trésor du Ministère des Finances. Servir l’Etat c’est servir l’intérêt général. Mais aussi découvrir que, dans un pays aussi divers que la France, il y a presque autant de visions de ce qu’est l’intérêt général, que de citoyens. L’important, quand on sert l’Etat, est d’exposer les différentes politiques possibles, avec leurs avantages et leurs inconvénients, pour que les citoyens, les élus, les gouvernants fassent des choix en connaissance de cause.

Q. Vous avez aussi connu le monde industriel.

R. L’intérêt d’un pays est d’avoir des entreprises fortes, de toutes tailles, dont des géants mondiaux dans les secteurs clés pour l’indépendance nationale. Y contribuer est une autre façon de servir l’intérêt général. J’ai eu la chance de rejoindre Sanofi, entreprise très diversifiée à l’époque et qui est devenue, dans le secteur de la santé, l’un des joyaux de la couronne industrielle de la France. Puis j’ai rejoint le groupe Suez avant qu’il se sépare de ses activités financières et se recentre sur l’environnement, les services aux entreprises et l’énergie, donnant naissance à Suez Environnement et à Engie après sa fusion avec Gaz de France.

Q. Et finalement vous avez créé votre propre entreprise dans le secteur de l’investissement.

R. À la fin des années 90 le métier d’investisseur en fonds propres dans des entreprises très diverses, en taille et secteur, a été abandonné par le groupe Suez. J’ai alors créé avec plusieurs associés une entreprise de capital investissement, Astorg, qui a réussi à se hisser en 20 ans parmi les grands acteurs européens du secteur. J’en suis encore le Président du Conseil, mais je n’y exerce plus de responsabilité exécutive. Ce qui m’a donné le temps et l’envie de m’engager plus avant dans des activités d’intérêt général et d’intensifier mes actions de mécénat.

Q. En quoi consistent ces activités ?

R. Avec mon épouse nous avons créé, il y a une dizaine d’années, une fondation familiale hébergée par la Fondation de France, dont l’objet était l’Education des enfants défavorisés ainsi que le soutien à des activités artistiques, notamment dans le domaine de la photographie. Nous nous sommes aussi engagés dans diverses autres actions de mécénat : pour soutenir l’intégration des jeunes des quartiers, par le sport (Sport dans la Ville) ou par les orchestres (Démos), pour aussi des manifestations et institutions musicales, pour la formation des ingénieurs (Fondation de l’Ecole Polytechnique), et pour la création et le développement de la revue Books, mensuel remarquable de qualité, qui a récemment consacré un numéro spécial à l’énergie éolienne.

Q. Mais alors pourquoi l’énergie aujourd’hui ?

R. Je reste aussi, de par mon premier métier de fonctionnaire des finances, très attentif aux grands choix gouvernementaux dans le domaine économique. Et, en creusant le sujet des énergies dites nouvelles, j’ai découvert une situation proprement aberrante où l’opinion publique, comme certains dirigeants politiques, fondent leurs opinions et leurs choix sur de véritables erreurs d’appréciation. J’ai aussi découvert que ces aberrations étaient dénoncées depuis de très nombreuses années par des citoyens très compétents et très engagés, venant de tous les horizons professionnels et politiques. Y compris du courant écologique lui-même. Mais ils manquaient cruellement de moyens de se faire entendre. Et leurs voix étaient étouffées dans le débat public par deux idées simplistes : utiliser le vent et le soleil c’est bon pour la planète, et l’électricité d’origine nucléaire est le mal ultime. Or, quand on se place du point de vue de l’impact sur le climat, la réalité est exactement inverse. L’éolien et le solaire imposent de compenser leur intermittence par le gaz et le charbon, comme le montre l’exemple allemand. Alors que le nucléaire et l’hydraulique sont totalement dé-carbonés et pilotables en fonction des besoins.

Q. Quel est le but de la création du Cérémé ?

R. Derrière le paravent de slogans inévitablement populaires, pour le soleil et le vent, et contre l’atome, agit un lobby d’intérêts industriels, financiers et géopolitiques extrêmement puissants. Ils ont noyauté les institutions supposées parler de l’énergie au nom de l’intérêt général, que ce soit en France ou en Europe. Ils bombardent les élus de brochures dites de vulgarisation, mais qui ne sont que des documents de propagande, fort bien faits d’ailleurs.
Je me suis donc passionné pour ce combat démocratique consistant à faire émerger les vérités ignorées du grand public dans le domaine de l’énergie. Avec une poignée de personnes très sensibilisées au sujet, nous avons créé le Cercle d’Etude des Réalités Écologiques et Mix Énergétique (Cérémé) afin d’agir dans un cadre très transparent et ouvert à tous ceux qui veulent s’engager à nos côtés.
Nous avons la volonté d’y consacrer des moyens financiers importants car c’est le prix à payer pour faire contrepoids aux sommes considérables engagées dans leur propagande par les fédérations professionnelles, au service des seuls intérêts financiers de leurs membres.

Q. Comment allez-vous vous coordonner avec les associations qui ont des activités analogues ?

R. Il faut rendre hommage à tous ces citoyens qui, depuis des années, ont investi leur temps, leur énergie et leurs économies, pour dénoncer les dérives et aberrations des choix énergétiques de la France. Il y a un réseau dense d’associations locales, de grandes associations au niveau national, comme la Fédération de l’environnement durable (FED), ou Vent de Colère, des mouvements citoyens comme Énergie et Vérité ou Sauvons le Climat, des publications d’éminents ingénieurs et scientifiques, comme Jean-Marc Jancovici et Marc Halevy. Il y a aussi d’excellents ouvrages comme ceux de Jean-Louis Butré, de Pierre Dumont, de Denis de Kergorlay, d’Hervé Machenaud et d’Antoine Waechter, ou celui tout récent de Fabien Bouglé, sans oublier celui à paraître de Patrice Cahart. Tous, sous des formes diverses, tirent le signal d’alarme sur les aberrations de la politique dite de transition énergétique en France. Mais, malgré la convergence de ces analyses, rien ne fait dévier le train lancé à grande vitesse pour hérisser la France, à terre et en mer, d’éoliennes et centrales solaires, aux frais du consommateur d’électricité et du contribuable, sans aucun bénéfice pour le climat, en risquant de plonger la France dans le noir à certaines périodes de pointe de la consommation, tout en ruinant le patrimoine des paysages de la France.
Le Cérémé a pour vocation d’amplifier la voix de ceux qui tirent ce signal d’alarme. De soutenir l’action des différentes associations locales mobilisées dans tout le territoire. Et de nourrir le débat par des publications et des actions médiatiques, en vue d’éclairer l’opinion publique et de peser sur les décisions du gouvernement. Afin que prévale, comme le dit notre signature, l’énergie de la raison.

 

Contact presse :
Cabinet CLAI
cereme@clai2.com
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www.cereme.fr

 

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