Menu

Rénovons les passoires thermiques

En France, le secteur du bâtiment – résidentiel ou tertiaire – représente 42% des besoins, et est par ailleurs responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre – soit plus du quart des émissions de CO2 de la France.

Le bâtiment est donc un secteur clé de la transition énergétique en France.

Mais force est de constater qu’entre les ambitions affichées depuis une dizaine d’année et la réalité du terrain, le décalage est certain. En effet, le taux de rénovation du parc immobilier est à peine supérieur à 1 % par an depuis plusieurs décennies et les études de l’Ademe montrent que trop peu de rénovations sont thermiquement performantes.

Pourtant, il est moins coûteux d’investir dans la lutte contre les passoires thermiques plutôt que dans le développement de nouvelles formes d’énergie, notamment de parcs éoliens : l’investissement public et privé nécessaire à la réalisation des objectifs de la PPE en matière d’éolien est évalué à 12 milliards d’euros par an pendant 10 ans de 2018 à 2028, soit au total à 120 milliards d’euros.
Au regard de ces sommes, l’effort effectué en matière de rénovation énergétique reste très limité : le plan de rénovation énergétique des bâtiments présenté en 2019 a été doté d’une enveloppe de 14 milliards d’euros sur 5 ans avec notamment pour objectif de rénover 500 000 logements par an. Selon l’étude menée par Sia Partners pour les membres de l’initiative Rénovons !, un investissement public de 36 milliards d’euros sur 9 ans permettrait une véritable rénovation thermique des passoires énergétiques. Et ainsi de réduire de 13 millions de tonnes les émissions de CO2, soit 12,5% des émissions actuelles du secteur résidentiel.

En outre, la rénovation énergétique des bâtiments permet non seulement de réduire considérablement les émissions de CO2 mais aussi de lutter contre la fracture sociale. Le Gouvernement évalue entre 7 et 8 millions le nombre de logements mal isolés, ou « passoires thermiques », dont 3,4 millions sont occupés par des ménages modestes. En plus de réduire les émissions de CO2, investir dans la rénovation énergétique permet donc à ces ménages de limiter leurs dépenses qui représentent plus de 8 % de leurs revenus.

Enfin, la rénovation énergétique est pourvoyeuse d’activités et d’emplois non délocalisables, bien plus que le secteur éolien. En 2019, les aides accordées par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) ont permis de créer ou de préserver près de 40 000 emplois contre 18 200 emplois directs et indirects identifiés sur l’ensemble de l’écosystème éolien en 2018. Soit un rapport de 1 à 2.
Une réorientation massive des financements de l’État vers la rénovation énergétique aurait donc un effet très significatif et très rapide sur l’emploi à un moment où le gouvernement s’interroge sur les moyens de lutter contre le chômage. Pour un coût moindre.

+ d'articles
Fermer