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Quelles propositions pour le mix énergétique français ?

Face aux nombreuses contestations locales remettant en cause la politique d’implantation à marche forcée d’éoliennes sur tout le territoire national, Emmanuel Macron déclarait le 14 janvier 2020, lors d’un déplacement à Pau, « on ne peut continuer comme cela (…) on ne peut pas imposer l’éolien d’en haut ».

Convaincu du bien-fondé de ces propos, le Cérémé formule 5 propositions afin de contribuer au débat sur le mix énergétique français et faire évoluer la programmation Pluriannuelle de l’énergie (PPE). Celles-ci, si elles sont effectivement mises en œuvre, permettront d’aller vers une économie réellement décarbonée.

1 – Dans l’immédiat, réorienter les moyens prévus pour le développement de l’éolien dans le cadre de la PPE vers la rénovation énergétique des habitats et le développement de modes de transport moins carbonés

L’effort financier gigantesque consenti en faveur de l’éolien ne génère ni une réduction de la consommation d’énergie, ni une diminution des émissions de CO2 (voir article « pourquoi l’éolien n’est pas la bonne solution ») ce que permettrait pourtant une réallocation des moyens financiers vers les secteurs reconnus comme plus émetteurs de gaz à effet de serre que sont notamment le bâtiment et le transport.
Si l’on prend la rénovation énergétique des bâtiments par exemple : dans un contexte de crise économique et sociale, elle permettrait non seulement de réduire considérablement les émissions de CO2, pour un coût moindre pour les contribuables et les consommateurs, mais aussi de créer des emplois non délocalisables et de lutter contre la fracture sociale et la précarité énergétique.

 

2 – Décréter un moratoire sur les projets éoliens en cours d’études ou d’instruction 

Parce que l’éolien est un sujet politique, il suscite des débats passionnés. Chaque partie invoque ses experts, études, statistiques, … aux conclusions bien évidemment systématiquement contradictoires. Fort de ce constat, le Cérémé estime plus que jamais nécessaire de reposer les termes du débat et d’objectiver les bénéfices et les risques de l’implantation de parcs éoliens terrestres.


Il demande en conséquence un moratoire sur tous les projets de développement éolien actuellement en cours pour donner au pouvoir politique, mais également aux citoyens, scientifiques et industriels, le temps nécessaire à la réévaluation de toutes les données. Et en particulier, sur l’impact écologique, climatique, économique et sur l’attractivité des territoires concernés. 

3 – Mutualiser les enseignements tirés de près de 20 ans de politique en faveur des énergies renouvelables partout dans le monde, à commencer par l’Union Européenne

Si les objectifs en matière d’émissions de CO2 sont globaux pour l’Union Européenne, chaque pays a fait ses propres choix en matière de mix énergétique.
Or aujourd’hui, il n‘existe aucun lieu de mise en commun dépassionnée des connaissances et analyses issues de l’application de ces politiques énergétiques. A l’heure où les décisions sont prises au nom de la planète, le Cérémé est convaincu qu’il est plus que jamais opportun, et nécessaire, de regarder ce qui est fait au-delà des frontières nationales, notamment en Allemagne qui est en train de remettre en cause son « Energiewende » désormais considéré comme un échec… Ainsi seulement il sera possible de savoir ce qui fonctionne ailleurs et d’étudier réellement la transposabilité d’autres modèles sur le territoire français.

4 – Réaliser des études complémentaires sur les thématiques qui aujourd’hui sont insuffisamment documentées

Le mix énergétique choisi par la France fait la part belle aux énergies renouvelables. Or, il apparaît que les impacts tant économiques que sociétaux, écologiques voire climatiques sont insuffisamment documentés pour l’ensemble des énergies aujourd’hui privilégiées pour le mix du futur. Ces impacts doivent faire l’objet d’études approfondies : certaines de ces études peuvent soit relever des services de contrôle et d’analyse de l’État, soit nécessiter a minima leur participation ou la mise en commun des réflexions de plusieurs acteurs ; d’autres pourront être initiées et pilotées directement par le Cérémé.

5 – Promouvoir un label « énergie décarbonée » à substituer à celui d’« énergie renouvelable »

Electricité renouvelable, énergie renouvelable, … le terme renouvelable est devenu un argument marketing employé à tout va notamment pour séduire le consommateur, soucieux de réduire ses émissions de CO2. C’est pourtant un terme éminemment ambigu car il ne tient pas compte des effets réels en termes de CO2 de l’énergie ainsi labélisée. Par ailleurs, la traçabilité de l’énergie dite « verte » injectée dans le réseau est difficile. Enfin, s’agissant de l’éolien, sa contribution à la réduction de nos émissions de CO2 est nulle en France compte-tenu de ses caractéristiques intrinsèques et de celles du mix énergétique existant.
Convaincu qu’il est important d’avoir une approche la plus objective possible, pour s’attacher aux effets en termes de CO2 de l’énergie, le Cérémé souhaite promouvoir le concept d’énergie décarbonée, à travers un label spécifique. Se référer à la notion d’énergie décarbonée est à l’évidence indispensable pour permettre à la France d’atteindre pleinement ses objectifs en matière d’émissions de CO2.

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