Les opérateurs éoliens contribuent-ils au budget de l’Etat et à la préservation du pouvoir d’achat des ménages ?

Les opérateurs éoliens contribuent-ils au budget de l’Etat et à la préservation du pouvoir d’achat des ménages ?

Si ce n’était son coût élevé, au point que l’ADEME a fait disparaître du radar ses chiffrages dans son édition 2020 du dossier « Les coûts des renouvelables », pourquoi pas ?

En réalité, l’Etat s’est enfin décidé à demander à des opérateurs, qui jusqu’à présent vivaient de subventions, une participation à l’effort collectif.

Concrètement pour l’éolien, tout dépend du régime contractuel applicable :

  1. contrats pré-2017 (tarif d’achat garanti) : EDF ajoute à ses propres productions l’électricité que ces contrats lui imposent d’acheter au prix moyen de 92 €/MWh et la revend sur la base de ses propres obligations contractuelles : Arenh à 46,2 €/MWh, tarifs réglementés (aux environs de 110 €/MWh, prix intégrant les coûts de raccordement des EnR), contrats à long terme passés avec les industriels, etc.
  2. contrats post-2017 (complément de rémunération) : l’opérateur vend directement sur le marché.
    L’opérateur devra rembourser à l’Etat les compléments de rémunérations perçus antérieurement (basés sur le tarif garanti précité), en vertu des clauses de sauvegarde prévoyant que l’opérateur ne peut pas toucher plus que ce tarif garanti à titre de la moyenne des 12 mois précédents.
    L’opérateur a la possibilité de sortir du système en remboursant la totalité des subventions reçues depuis le début du subventionnement de son site éolien.
  • France Energie Éolienne est-elle fondée à attribuer à ses opérateurs le mérite de la suppression des subventions dont ils profitaient depuis 20 ans ?
    • Non, c’est seulement l’Etat qui s’est décidé à activer et renforcer les clauses de sauvegarde existantes.
  • Est-ce que la filière contribue à diminuer les dépenses de l’Etat ?
    • Non, car la limitation décidée début 2022 de la hausse de l’électricité à + 4 % pour les bénéficiaires de tarifs réglementés a en réalité été financée par la quasi-mise à zéro de la CSPE (22,5 €  0,5 € HT/ MWh).

 

Il incombera à la Commission de Régulation de l’Energie en charge de suivre les charges du service public de l’énergie (Programme Budgétaire 345) de :

  • – présenter un décompte de ces différentes opérations afin d’en faire apparaître le bilan net ;
  • – demander à nouveau aux pouvoirs publics de publier les subventions reçues par chaque producteur d’électricité, comme les y oblige une directive européenne.

NB : on attend avec intérêt les décisions que l’Etat pourrait prendre concernant l’éolien offshore lors de leur mise en exploitation dont les prix convenus sont proches des prix de marché actuels voire supérieurs.

 

Plus que jamais EDF est le pivot de la maîtrise socio-économique des prix à la consommation de l’électricité :

  • – seul le coût des électricités liées au gaz, tel que l’éolien et le solaire, a augmenté ces derniers mois ;
  • – les autres moyens de production d’électricité sont restés au même coût. L’État français et EDF ont ainsi donc pu éviter aux consommateurs les hausses considérables du prix de l’électricité subies dans les autres pays d’Europe qui prônent une électricité produite par la combinaison des ENR intermittentes et des centrales au gaz.

 

Si l’éolien rentre enfin dans le droit commun, pour autant il n’est pas à l’origine de la préservation du pouvoir d’achat des ménages.

L’éolien offshore est-il une solution de compromis acceptable ?

L’éolien offshore est-il une solution de compromis acceptable ?

Si ce n’était son coût élevé, au point que l’ADEME a fait disparaître du radar ses chiffrages dans son édition 2020 du dossier « Les coûts des renouvelables », pourquoi pas ?

Pourtant le développement de cette technologie est prématuré, compte tenu de ses impacts environnementaux mis en relief par une résolution votée le 7 juillet 2021 par le Parlement européen : textes adoptés, mercredi 7 juillet 2021

  1. souligne que les parcs éoliens en mer ne devraient être construits que si l’absence d’incidences négatives, sur les plans environnemental et écologique ainsi que sur les plans économique, socio-économique et socioculturel, sur les pêcheurs et les producteurs aquacoles, est garantie, conformément aux objectifs de l’économie bleue et du pacte vert pour l’Europe ;
  2. invite instamment les États membres à prendre en considération l’incidence des énergies marines renouvelables sur l’écosystème marin et les pêcheries lors du choix de leur bouquet énergétique ;
  1. insiste sur le fait que le principe de précaution, prévu à l’article 191, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, doit s’appliquer si des décisions doivent être prises avant que les connaissances ou les informations requises ne soient disponibles.

Certes l’offshore présente par rapport à l’éolien terrestre des atouts techniques (régularité des vents et un facteur de charge moyen de l’ordre de 38% en moyenne), mais :

  • – il aurait fallu ne rien lancer avant d’avoir une vision scientifiquement correcte des impacts sur les milieux marins ;
  • – il faut l’éloigner des côtes au maximum ;
  • – il faut arrêter les machines lors des périodes de migration de l’avifaune et de certaines espèces de chiroptères ;
  • – il n’est pas acceptable de créer des zones d’exclusion de la pêche, dont le concours à la Nation est plus essentiel que des machines ne réduisant pas les émissions de CO2.
  •  

En outre, les coûts directs sont très élevés :

auxquels il faut ajouter les coûts de raccordement refacturés au consommateur via le TURPE (Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité), entre 15 et 30 €/ MWh.

L’éolien offshore n’est donc pas un compromis acceptable, pour cet ensemble de raisons : économiques (coûts pharaoniques), sociales (concurrence déloyale envers les pêcheurs) et environnementales.

Voir aussi notre fiche :

Le point sur l’éolien en mer

L’éolien est-il destructeur de l’environnement ?

L’éolien est-il destructeur de l’environnement ?

Sous couvert de transition énergétique, l’Etat français oublieux de la Charte de l’Environnement organise la destruction de paysages emblématiques et des atteintes au patrimoine de la France.

Ainsi les populations de Noctules communes en France ont-elles baissé de 88% en 15 ans, les éoliennes étant la première cause d’accidentologie pour ce taxon indispensable :  Le déploiement des éoliennes, un problème majeur pour la biodiversité : assisterons-nous silencieusement à la disparition des chauves-souris ?, Sfepm, 25 mai 2021

Le Conseil Constitutionnel a confirmé le 31 janvier 2020 Décision n° 2019-823 QPC du 31 janvier 2020 la primauté de la protection de la santé et de la protection de l’environnement, patrimoine commun des êtres humains. Dès lors, la politique sectorielle de l’énergie ne doit pas se substituer à cette priorité nationale.

Décision n° 2019-823 QPC du 31 janvier 2020

Parmi les propositions du Cérémé :

  1. procéder à une refonte coordonnée des Codes de l’Environnement, de la Santé publique, et de l’Urbanisme. Sur la base de la Charte de l’Environnement.
  2. instaurer un Défenseur de l’Environnement sur les bases proposées par le rapport du 16 juillet 2021 déposé par la députée du Var Cécile Muschotti (Rapport-Muschotti-2021).

Le prix de l’électricité augmente-t-il avec l’éolien et le solaire ?

Le prix de l’électricité augmente-t-il avec l’éolien et le solaire ?

Chacun connaît la figure Eurostat mettant en lumière que dans 2 vieux pays éoliens (Allemagne, Danemark) les prix à la consommation étaient en 2015 deux fois plus élevés qu’en France :

Présomption ne valant pas causalité, le Cérémé a mené une étude économétrique sur les années 1990 à 2020

Le foisonnement éolien ? Ni en France, ni même en Europe

  • – en Allemagne, une hausse du parc éolien + solaire de 1 GW soit + 0,7% de ce parc génère, une hausse de + 0,37% du prix de l’électricité à la consommation.
  • – au Danemark, une hausse du parc éolien de 1 GW soit + 15% de ce parc génère une hausse de + 8,4% du prix de l’électricité à la consommation.
  • – en France, une hausse du parc éolien de 1 GW soit + 4% de ce parc génère une hausse de + 2,2% du prix de l’électricité à la consommation.

Il est ainsi confirmé l’existence d’une relation de causalité significative entre la progression du parc de renouvelables intermittents et le prix de l’électricité.

Au demeurant, le prix des EnR ne baisse pas, ce que confirme RTE Futurs énergétiques 2050 en p. 507

Les pouvoirs publics cachent le problème sous le tapis par des mesures visant à limiter les effets de la hausse des prix à +4% pour les particuliers, ce qui coûtera au budget de l’Etat 12 Milliards € … Douze milliards, que pourrait-on faire de plus utile avec 12 milliards ?
  • – 45 Rafales équipés ou 2 porte-avions
  • – soutenir les industries essentielles : aciéries, fonderies, filière bois, …
  • – soutenir la rénovation des logements anciens
  • – soutenir les ministères régaliens qui en ont le plus besoin : justice, santé, ainsi que les caisses de retraites et d’allocations familiales
Il est ainsi confirmé l’existence d’une relation de causalité significative entre la progression du parc de renouvelables intermittents et le prix de l’électricité. Au demeurant, le prix des EnR ne baisse pas, ce que confirme RTE Futurs énergétiques 2050 en p. 507

Peut-on passer les pointes de consommation critiques en jouant sur des flexibilités ?

Peut-on passer les pointes de consommation critiques en jouant sur des flexibilités ?

(critique des « Futurs énergétiques 2050 » de RTE/ son scénario N03)
RTE affirme passer les pointes de consommation les plus critiques à savoir 110 à 115 GW en 2050.
Mais cela ne résiste pas à un examen sérieux, cf. sur le scénario N03 :

  • 39 GW de capacité d’import ?
  • 10 à 40 GW de « renouvelables fatals » ?
    • La fourchette est étonnamment large. Et RTE jouant avec les mots se réfère à une « consommation résiduelle après déduction de l’éolien et du solaire dits fatals ».
      Les allemands, plus prudents, se cantonnent à 5% du capacitaire éolien
      => par réalisme, retenir 5% sur l’éolien terrestre, 8% sur l’offshore, 0% sur le solaire
  • 15 GW de pilotage de la demande ?
    • ECS (eau chaude sanitaire) : oui
      Effacement partiel des électrolyseurs pour fabriquer de l’hydrogène : oui
      Recharges de batteries : non, aucune garantie (vacances de février par exemple)
      Vehicle-to-grid : non, aucune garantie au moment de la pointe
  • 9 GW de pilotage de la production ?
    • stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) : oui
      batteries stationnaires : non (coût prohibitif et durée d’utilisation de quelques heures)
      hydrogène : un peu l’hydrogène n’a pas pour vocation à être brûlé dans des centrales à gaz mais à décarboner l’industrie et les transports)
  • 50% du capacitaire hydraulique ?
    • 51% hydraulique fil de l’eau, 63% hydraulique de pointe
  • 100% du capacitaire nucléaire
    • Par sécurité, compter 85%

Tableau de synthèse

Les scénarios de RTE aboutissent ainsi à des logiques de coupures du courant et d’effacements qui ne seront pas tous volontaires. RTE ne respecte donc pas le pacte social passé à la Libération : fournir aux Français une électricité abondante et un service de qualité.

L’éolien terrestre occupe 78 fois plus de surface au sol que le nucléaire

L’éolien terrestre occupe 78 fois plus de surface au sol que le nucléaire

Pour produire l’équivalent d’un EPR2 (1650 MW) occupant une surface de 1 km², il faudrait créer :
  • 311 parcs éoliens de 6 éoliennes de 3 MW, occupant une surface de 78 km² (78 fois plus)

78 km² sans tenir compte des covisibilités : ainsi ont été détruits les Hauts-de-France.

ou
  • – 2177 parcs solaires de 4,3 MWc (6 ha/parc), occupant une surface de 131 km² de terres agricoles ou forestières (131 fois plus)
    • Nota : monter 100 GW de panneaux solaires d’ici à 2050 reviendrait à artificialiser 1400 km² de terres, soit 14 fois la superficie de paris intra-muros ou la moitié du département du Rhône.
ou
  • – 8 parcs éoliens offshore géants de 480 MW comme celui de St Nazaire (95 km²), occupant 760 km² d’espace maritime (480 fois plus, mais en mer).

L’éolien terrestre coûte 7 fois plus cher que le nucléaire

L’éolien terrestre coûte 7 fois plus cher que le nucléaire

Compte tenu des facteurs de charge moyens (éolien terrestre 23 à 25%, nucléaire 85%) et des durées de vie respectives (éolien 20 ans, EPR 2 conçu pour durer 80 ans), l’éolien est près de sept fois plus cher que le nucléaire.

Pour une durée de vie des réacteurs limitée à 60 ans, le nucléaire est encore 5 fois moins cher que l’éolien.

L’éolien offshore ne fait pas mieux, en dépit de son facteur de charge moyen de 38 à 40%, car il est lui-même entre 2 fois plus cher à investir que l’éolien terrestre (offshore posé au sol) et 3 fois plus pour l’éolien flottant.

Le solaire ne fait pas mieux, car son facteur de charge moyen est seulement de 15%.

Les coûts de l’éolien peuvent-ils baisser dans les années qui viennent, comme le prétend RTE ?

ils n’ont pas baissé entre 2016 et 2020 (source ADEME) :
Ils demeurent au même niveau, entre 1,4 m€ et 1,6 m€/MW, chiffrage cohérent avec l’IRENA cité par RTE : 1,355 m$ us/MW soit 1,576 m€/MW (en 2020). Mais, étrangement RTE fait démarrer son fuseau à 1,3 m€/ MW, sans expliquer pourquoi :

ils ne baisseront plus. En effet, RTE l’avoue, les projets les plus puissants et les plus hauts – donc les moins chers – sont les moins acceptés, et par conséquent n’ont aucune chance d’être montés. => le fuseau dégressif ci-dessus donnant à penser que ça baisse est un artifice de présentation.

Avec l’éolien et le solaire, la sécurité d’approvisionnement est réduite aux acquêts

Avec l’éolien et le solaire, la sécurité d’approvisionnement est réduite aux acquêts

D’après Lafontaine :

Le 19 Janvier 2050, la France se trouva fort dépourvue lorsque la bise fut venue : pas un seul brin d’éolien ni de solaire.

Pour ne pas couper le courant aux Français elle alla crier famine chez l’Allemagne sa voisine, la priant de lui prêter quelque électricité pour se chauffer jusqu’à la saison nouvelle.

L’Allemagne n’est pas prêteuse, c’est là son moindre défaut « Qu’avez-vous fait de votre nucléaire ? » dit-elle à cette emprunteuse ? « Je ne l’ai pas renouvelé, n’aviez-vous pas promis de me dépanner ? ».

« Je ne vous ai rien promis. Je n’ai pas d’éolien aujourd’hui mais mon gaz me suffira. 

Wiedersehen ».

L’éolien et le solaire intermittents et aléatoires ne permettant pas de passer les pointes de consommation critiques, ils sont inutiles :
  • – quand ils fonctionnent, ils servent tout au plus à augmenter nos exportations.
  • – quand ils rebaissent, alors il faut mettre en route des centrales à gaz pour restabiliser le réseau et répondre à la demande.
Selon une étude économétrique réalisée par le Cérémé portant sur 12 mois (septembre 2020 à août 2021), une diminution de la production éolienne et solaire de 1GW en France entraîne une augmentation de la production gazière de 0,31 GW, toutes choses égales par ailleurs.

Pas de foisonnement éolien … ni solaire en Europe

Pas de foisonnement éolien … ni solaire en Europe

On ne peut pas compter sur Aolus in Deutschland lorsque Eole faiblit en France.

Exemple sur les 366 jours de l’année 2020 :

Le foisonnement éolien ? Ni en France, ni même en Europe

  • – 56% de l’année sous vent « faible à modéré », avec parfois 1 exception au Danemark ou en Bretagne.
  • – 9% de l’année sous vent « assez fort à fort », avec parfois 1 exception en Espagne ou en Languedoc (régime cévenol).
  • – parfois un peu de compensation, exemple typique le 7 décembre 2020, sauf – que pas de chance pour les théoriciens du foisonnement – ce fut une journée de consommation moyenne où l’on pouvait se passer d’éolien.

Quant au solaire … il n’est pas midi à Paris quand il est minuit à Marseille. Autrement dit le solaire peut aider à passer la pointe méridienne, mais pas la pointe de soirée, surtout en hiver.

Nos voisins fortement dotés en éolien sont en corrélation climatique avec nous : nous ne pouvons donc pas compter sur eux pour compenser nos manques de vent par des importations. Et lorsque nous avons une forte production éolienne, eux aussi sont généralement en surproduction éolienne.

Que faire alors en 2050 les jours de grande consommation sans vent et sans soleil : va-t-on brûler un hydrogène rare et coûteux pour produire de l’électricité ?

L’éolien est le faux-nez du gaz

Rappel : le mix électrique français est déjà décarboné à 95%.

Pour passer les pointes de consommation critiques, l’intermittence éolienne et solaire oblige à faire appel à des compléments de deux natures :

– soit du gaz : les opérateurs gaziers qui ont investi dans l’éolien et le solaire gagnent à chaque fois
– soit des importations, 2 à 4 fois plus carbonées que le mix électrique français.

Exemple le 14 janvier 2022 à 12h00 :

* une journée sans vent et peu de solaire 
=> beaucoup de gaz (couleur rouge) et d’importations (couleur grise) :

* résultat : les importations d’Allemagne qui sont à 356 g polluent notre mix, et la France qui d’ordinaire est à 45 g passe à 109 g :